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Bougwa'ah, le 18 avril 2019

Le 4 Mars 2019

L’Entretien : FOKOUA Calis , Belgique, Entrepreneur dans l’import-export.

Ci-après un échange avec FOKOUA Calis (le transcript a été édité pour plus de concision).

Bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m'appelle FOKOUA Calis, Baloum de Latsè. J’ai grandi à Baloum, puis Douala, et ensuite mon parcours a continué en Europe.

Quelle est votre occupation et/ou projet(s) actuel (s) ?

Je suis actuellement entrepreneur dans l’import-export. Je suis dépositaire de l’import-export de rames de papiers de la marque Canon, et j’ai également une activité de transit et de groupage de colis pour les particuliers et les entreprises désirant acheminer des paquets ou des colis en Afrique.

Quel a été votre parcours scolaire au Cameroun ?

Je n'ai pas effectué d’études universitaires du fait de problèmes financiers. J'ai quitté le Cameroun pour l’Europe après l’obtention de mon Baccalauréat.

Quelques grandes étapes de votre parcours en Europe ?

Je suis arrivé en Italie en 2009, plus précisément le 23 Mai. Je quitte l’Italie quelques mois après et arrive en Belgique le 31 Mars 2010, où je réside depuis. Je débute les opérations dans le cadre de mes activités actuelles en 2015.

Pourriez-vous vous exprimer sur les diverses difficultés rencontrées durant votre séjour ?

Les difficultés sont celles rencontrées en Europe, notamment l’obtention de papiers. J’ai eu beaucoup de soucis dans l’obtention de papiers dans l’optique de mon installation en Belgique. Ensuite il y a l’obtention de contrats de travail ; un autre problème prépondérant dans les affaires est l’instauration d’une relation de confiance avec les partenaires* potentiels.

Ici en Belgique, beaucoup de partenaires peuvent devenir malhonnêtes en cours de collaboration, et ce malgré des débuts tout à fait normaux. On se rend compte très rapidement que l’on a été dupé. De toute façon c’est la vie, il faut se relever à chaque fois et recommencer.

Au vu de votre première expérience au Cameroun et en Europe, s'il fallait la reproduire, le feriez-vous de la même façon ?

Au vu de mon expérience, s’il fallait le refaire, je ne le referais pas de la même manière ; je comprends aujourd’hui qu’il y aurait d’autres secteurs dans lesquels je me serais lancé ou investi sans trop de difficultés.

Il y a des secteurs comme l’élevage et l’agriculture qui sont des secteurs porteurs, et des secteurs dans lesquels il y a pas trop d’impôts, de taxes douanières. Pour prendre l’exemple de l’agriculture, on se rend compte qu’un grain de maïs mis en terre donne quelques mois plus tard des épis avec des centaines de grains ! Je crois que c’est la plus grande ‘sorcellerie’ qui existe (rires).

Des conseils aux jeunes désirant étudier à l'étranger et en Europe en particulier ?

Pour les jeunes qui rêvent émigrer, je conseille, à partir de mon expérience personnelle, aux jeunes de faire de l’agriculture, parce que de mon point de vue c’est le seul avenir viable, l’unique issue que nous avons.

En effet, nos parents ont été dupés, et ont été plus ou moins convaincus de faire la culture du cacao, du café et du coton. Nous avons pourtant des cultures de rente telles que le maïs, les pommes de terre, les arachides. Il s’agit de cultures à récolte rapide (de trois à six mois) et beaucoup plus rentables à mon sens que le cacao et le café, qui ne se récoltent qu’une fois l’an. Donc mon conseil aux jeunes est de se lancer dans l’agriculture et l’élevage et de ne pas s’intéresser aux cultures telles que le cacao, le café ou le coton.

Nous faisons un constat : la plupart des Camerounais ( Baloum ou non, à l'instar de Fotso V., Feu M. Kadji, Abbo Mohammadou ...) ayant émergé dans les affaires et réussi à bâtir une fortune (troisième quartile de revenus) n'ont ni étudié ni vécu en Europe. Or une majorité de jeunes Camerounais ont pour objectif d'émigrer en Europe. N'y a-t-il pas là un paradoxe ?

Je pense en effet qu’il y a un paradoxe, et que nos grands frères ( Fotso Victor par exemple) , nos parents. Ils ont compris leur milieu de vie, et ont su exploiter les opportunités se présentant à eux au sein de ce milieu.

Nous nous retrouvons à cheval entre l’Europe et l’Afrique, avec Les gens ont des mentalités diamétralement opposées. Investir en Afrique n’est pas facile ; malheureusement il y a la croyance que lorsqu’on vient de l’Europe, on a de l’argent, et il y a l’impression que toutes les personnes se rapprochant de soi veulent seulement arnaquer.

Je pense que le mieux c’est d’exploiter son milieu, et s’y consacrer comme nos grands frères l’ont fait. Je crois que leur parcours est idéal, et que ce n’est pas si facile que ça depuis l’Europe.

Quelque chose à ajouter ?

Prochaine A.G.

Le 18 Mai 2019

Elle aura lieu :
Chez M. FOKOUA Calis
à Bruxelles (Belgique)
Heure de début de réunion : 15 h
Comptes-rendus anciennes ags

Partenaires

Les organisations suivantes ont bien
voulu nous soutenir dans la réalisation de nos projets

Nous les en remercions !